Haïku 80 - la tour vieille
souviens-toi de Nesle
au passé sombre effacé
la tour prend garde
12/01/12 - ©dh
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souviens-toi de Nesle
au passé sombre effacé
la tour prend garde
12/01/12 - ©dh

Au sûr et à couvert dans la petite tour
Le corps franc des volontaires veille nuit et jour
Afin qu’onc ribaud, larron ou fieffé coquin
Dans la cité se risque de soir ou matin
Point de ronds de jambe à faire devant le guet
A âme bien née nulle crainte à se présenter
Mais gare à celui à qui patte blanche fait défaut
Sa vie tombera d’un trait raide de carreau
Sur ce chemin de ronde à ouvrages courbes
Il ne peut y avoir de place pour les fourbes
Saint-Martin protecteur est guide dans leurs choix
Oyez bien, qu’on se le dise ici ou ailleurs
La garde a réputation d’être la meilleure
Fidèle à nostre Mère l’Eglise et au Roy
09/01/12 - ©dh
Crédit photo : Toncrate

RUPTURE
J’ai la main sur la poignée de la porte … J’hésite … Je ne sais si j’en franchirai le seuil … Tout cela est trop bête … Comme à mon habitude, je me suis emporté … Mais là, mes paroles ont été cinglantes … Coupantes comme l’acier acéré … Maintenant, je la sens derrière moi, anéantie … J’entends, ou plutôt je me force à ne pas entendre, ses pleurs … C’est fini, oui bien fini … Tout ce qui restait de notre amour à volé en éclats … Tout est consumé … Cramé… Je suis allé trop loin … Vraiment trop loin … Je suis un dégueulasse, un ignoble salaud … Odieux … J’ai la main sur la poignée de la porte …
02/01/12 - ©dh
à l'année nouvelle
l'inexistant deviendra
meilleurs vœux à tous
02/01/12 - ©dh
Noël, une étoile
du ciel ton sourire Maman
et mon cœur scintille
12/12/11 - ©dh
souffle un vent glacé
et la nature est sans murs
j'en frémis pour elle
09/12/11 - ©dh
A la saison où la nuit mange les jours, les petits matins ne sont plus qu’incertitude.
Sous la couette, le corps se fait plus lourd et se lever devient supplice. Dès lors, l’esprit commandeur subit la mutinerie de l’ensemble moteur. Rien ne se peut, l’interdiction du mouvement fait loi.
La tête se déconnecte du maître cerveau et se fait l’alliée inconditionnelle de cette coalition de membres lâches. Pour marquer plus fortement son accord à la démission généralisée, cette dernière, grosse boule inerte, pactise avec l’oreiller moelleux, s’enfonçant en lui, jusqu’à en disparaître, dans un naufrage consenti.
Au dehors la nature subit le diktat du froid. De cette aube glacée il ne me restera, très certainement, que le souvenir de la plus chaude et de la plus douillette des matinées de cet hiver naissant.
01/12/11 - ©dh

des larmes jaunes
doucement glissent au sol
chagrin d'automne
07/11/11 - ©dh
j'aurais aimé comprendre
j'aurais aimé savoir
quel chemin prend le tendre
qui cueille une rose le soir
j'aurais aimé sentir
j'aurais aimé goûter
sans avoir à souffrir
ce rêve d'un bel été
j’aurais aimé vivre
j’aurais aimé mourir
les instants qui enivrent
où le bien est le pire
j'aurais tant aimé
02/11/11 - ©dh
elle me regardait
borgne et noircie par les ans
la vieille maison
21/10/11 - ©dh

sous ce grand hêtre
l'avis bruyant de mes pas
l'été s'est enfui
05/10/11 - ©dh

…La belle saison touche à sa fin. Comme à chaque fois, à pareille époque, nous nous rendons, nous les tribus de la plaine, sur la colline sacrée afin d’implorer les dieux de nous préserver de la dureté de la saison morte à venir.
Le chaman, gardien des lieux, nous accueille avec une froideur et un détachement inhabituels. Même nos offrandes, plus conséquentes que jamais, ne semblent pas détendre l’homme sacré. Toutes les tribus ont le pressentiment que quelque chose de terrible va se passer.
D’un pas lent, il se dirige vers le plus haut point de la butte et se tourne vers nous, les deux bras croisés sur sa poitrine. Et, quand sa main gauche se tend vers le ciel comme pour le saisir, une rumeur formidable se fait entendre. Tous ceux qui sont présents, hommes, femmes, jeunes, vieux, savent son pouvoir illimité ; mais là, cela dépasse l’entendement. Les cieux semblent réagir au moindre mouvement de ses doigts. Quand il les referme, la ligne d’horizon se tord et l’ensemble, nuages compris, se froisse comme se froisserait une étendue d’eau prise sous la tempête. Aussitôt le miroir de la mer cesse et un noir absolu, mat, prend lieu et place des reflets, des brillances. Il y a bien le soleil qui fait de la résistance. Elle ne dure guère. L’astre s’accroche l’espace d’un instant, brûlant de mille ors comme jamais il ne l’a fait. Mais au second coup de poignet, son sort est définitivement scellé. Il disparaît comme le reste. Après un bref silence dû à la stupéfaction, l’on entend rapidement des sanglots s’élever vers ce qui fut et n’est plus. Des gémissements, des supplications s’adressent à l’homme vénéré.
Heureusement la nuit ne dure pas. Tendant bien haut sa main droite, les doigts écartés, il restitue le ciel et la lumière sous les cris de joie de la foule. Au moment où il abaisse son bras, alors qu’aucun vent ne souffle, toutes les feuilles des arbres de la forêt environnante tombent d’un coup, d’un seul…
- Alors, tu y arrives au bout de ta traduction ?
- Tu sais, ce n’est pas facile. J’ai bien mis deux semaines pour donner un sens cohérent à ce récit. C’était écrit dans une langue totalement inconnue. J’ai dû faire des recoupements avec d’autres dialectes très anciens qui avaient gardé quelques mots ou expressions qui leur étaient apparemment communs et…
- Dis donc le gars qui a écrit ce texte nous raconte le déroulement d’une éclipse en automne.
- C’est fort probable, mais il y a un truc qui me chipote.
- Quoi donc ?
- Jamais personne n’a vu les feuilles des arbres d’une forêt entière tomber d’un seul bloc et, qui plus est, sans l’aide du moindre vent.
26/09/11 - ©dh