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daniel - Page 35

  • Chemin de terre

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    chemin de terre
    chemin de poussière
    aux nuages d'ocre recouvrant
    tu t'empruntes au rythme lent

    sous un azur d'éternité
    bordé de l'émeraude des prés
    une blanche atmosphère de fête
    vibre au chant de l'alouette

    chemin de terre
    chemin de lumière
    que reste-t-il de cet enfant
    de cette jeunesse au cœur battant

    marchant sur les traces effacées
    par des sylphes qui l'ont précédé
    cet inconscient impénitent
    s'avance à la rencontre du néant

    chemin de terre
    chemin de misère
    sur ce manteau tant de chagrins
    de calvaires pour le pèlerin

    de cette faim à une autre fin
    l'espérance du lendemain
    fait briller dans ses yeux
    la certitude d'un autre lieu

     

     

     07/05/10 - ©dh

  • La part d'ombre

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    Ils s'embrassaient tendrement, longuement. Assez longtemps jusqu'à ce que la voix forte du chauffeur de bus mette brusquement fin à leur étreinte.

    - Chambéry - Voglans, départ immédiat !

    C'est avec beaucoup de difficulté qu'il consent à la laisser s'en aller. Même Roméo n'en a pas fait autant pour sa Juliette. La scène est d'une telle intensité romantique qu'elle arracherait des soupirs d'émotion à n'importe quel spectateur lambda. Vraiment, que c'est beau l'amour. A peine entrée dans l'autobus, elle se précipite sur le premier siège libre au plus près de la vitre. Elle y colle ses deux mains, doigts bien écartés, et y pose ses lèvres pour lui envoyer un dernier baiser. Le bus démarre en crachant un gros nuage de fumée noire, empestant l'air avec une sale odeur de gazole. Il fait deux pas en arrière pour ne pas se faire écraser les pieds par les roues imposantes de l'engin. Il réussit à déchiffrer sur les lèvres de sa bien-aimée cet ultime message muet qu'elle articule avec lenteur pour se faire bien comprendre : "Je 't'aime".

    La tâche bleue du véhicule se fond rapidement au loin dans la barre sombre d'un soir d'été naissant. Il cesse d'agiter sa main droite, le visage plus songeur que triste ceci malgré la présence de larmes naissantes au coin de ses yeux. Vivaldi, ou plutôt la version sonnerie de ses quatre saisons, met fin à son expectation. Il colle son téléphone portable à l'oreille et prend la communication d'un ton légèrement excédé :

    - Ah quand même... Bon pour ce soir c'est OK... Je suis chez toi dans une heure... Quoi ?... Je suis à la gare routière, je viens de déposer un pote... Oui, d'accord... Quoi ?... Mais oui je t'aime, qu'est-ce que tu vas penser ?...

    Il raccroche et se dirige vers sa voiture. Il, est un garçon merveilleux, attentionné, amoureux, flamboyant diraient certains, parfait s'il n'y avait cette petite part ombre au tableau... c'est qu'il les aime toutes.

     

    03/05/10 - ©dh

  • Haiku 56 - coureur de fond

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    toi, marathonien
    mille et mille foulées tu cours
    seul tu cours et cours

     

     

    26/04/10 - ©dh

    En photo : le grand Emil Zatopek

  • Quand je vis le menu

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    Quand je vis le menu, je compris tout de suite...

    D'une grande pirogue avec de grandes feuilles toutes souples avaient débarqué des hommes au visage aussi blanc que le sable des plages de notre île. C'était la première fois de ma vie qu'il m'avait été donné l'occasion de rencontrer de pareils êtres. Ils parlaient fort avec un langage que je ne connaissais pas. Aucun guerrier connu, même issu des tribus les plus lointaines, et ce bien au-delà de la barrière de corail, ne parlait cet idiome. Ils dégageaient une odeur qui portait loin. Certains sentaient le rance et le suint, d'autres, ceux qui les commandaient, avaient le parfum délicat de fleurs qui m'étaient inconnues. Ils firent des feux sur la plage et y construisirent des cabanes avec le même genre de feuilles souples que celles de leur grande pirogue. Quand le soleil eut dépassé le zénith, ils se mirent par deux, les uns derrière les autres et marchèrent, dans notre direction, vers la forêt dense et luxuriante. Tapis dans l'ombre du végétal, ma tribu et moi-même les attendions avec une certaine impatience. Il y avait de tout et pour tous les goûts, des secs, des bien gras, des grands, des petits...

    Quand je vis le menu, j'avais compris tout de suite que, cette année, la mauvaise saison allait se passer dans l'opulence.

     

    19/04/10 - ©dh

  • Haiku 55 - la vie pointillé

     

    la vie pointillé
    c'est la coupure en sursis
    d'un ego en deux

     

     

    12/04/10- ©dh

  • Haiku 54 - le dythirambe

    Haïku écrit pour
    les Impromptus littéraires

     

    bien court en dit long
    à l'impromptu ces trois mots
    écrin des écrits

     

     

    07/04/10 - ©dh

  • Haiku 53 - souvenir d'été

     

    roule sur ma joue
    cette goutte d'eau de mer
    de l'été passé

     

     

    06/04/10 - ©dh

  • Balade hivernale

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    Cent pas sur la neige se perdent au loin dans la brume incertaine. Ce matin, deux tonalités se disputent la primauté sur une nature résignée. Du blanc ou du noir, bien imprudent sera celui qui en désignera le vainqueur. Mon cœur se serre et je frémis en écoutant l'appel désespéré d'un vent qui se déchire dans  la ramure des arbres dénudés aux griffes acérées.


    Un claquement sourd et bref, répété en écho, interrompt ma rêverie. Et je reste suspendu au silence qui s'ensuit, dans l'attente de la rupture de cette trêve forcée.

    Nemrod a droit de cité en ces bois. Sur la sente qui mène à la rivière, les empreintes s'accompagnent d'une longue trace en pointillé. Incongru, le rouge vient de s'inviter à la fête blanche...

     

    01/04/10 - ©dh

  • Poisson d'avril

    C'est en avril, les témoignages sont formels, le premier jour du mois qu'un dénommé Jules Barreau, dit Julot les biscoteaux, était passé, en milieu d'après-midi dans la rue des Pêcheurs, récupérer une certaine Yvette Panier, plus connue sous le nom de Suzy l'ablette. La dame était sa régulière et exerçait ses talents sur le trottoir de ladite rue. Cette artère était bien connue par tous les citoyens de la ville, honorables ou pas, en mal d'affection. Depuis ce fameux jour, personne ne les avait jamais revus. Les rumeurs les plus folles sur le mauvais sort que certains leur avaient réservé allaient bon train. Tout et n'importe quoi se racontait dans la ville basse. A un point tel que les condés furent, assez rapidement, mis au parfum. De parfum, il aurait mieux valu parler de remugle, tant cette affaire sentait mauvais. Ils organisèrent une vaste opération de ratissage dans le milieu, mais le coup de filet ne rapporta aucun résultat vraiment convaincant. Rien que du menu fretin, les gros poissons s'étaient taillés depuis belle lurette et bien avant la grande marée. Au décompte de leur maigre prise on dénombrait un ou deux maquereaux, quelques petits goujons frétillants, spécialistes de vols à l'arraché, et des brochets malfaisants, surineurs à souhait. Tout ce joli monde s'était retrouvé serré comme des sardines dans l'aquarium du commissariat central pour une garde à vue prolongée. N'ayant pu ferrer le bon poisson, la maison poulagat se résolut à remettre à l'eau, je veux dire en liberté, tout ce beau monde à l'issue des interrogatoires.

    Mais si je vous narre cette petite histoire, qui peut paraître bien banale dans le monde d'aujourd'hui, c'est plus pour le caractère cocasse qu'avait pris la fin de cette affaire. Le fonctionnaire en charge de son classement avait, un an jour pour jour après le début de cette affaire, écrit sur la couverture du volumineux dossier : "Classement affaire Jules Barbeau du 1er avril".

    Tout le monde en avait bien ri et ses collègues ne manquaient pas, dès que l'occasion se présentait, de lui rappeler son lapsus. Il faut dire que, sans lui rechercher une quelconque excuse, il est utile de rapporter un fait à la connaissance du lecteur. Ce fonctionnaire né un premier avril avait, comme il était d'usage dans la maison, fêté et copieusement arrosé son anniversaire. Ce qui m'amène à dire que boisson d'avril n'est pas recommandée pour conserver son sérieux.

     

    30/03/10 - ©dh

  • Haiku 52 - la vie bonheur

     

    un enfant qui pleure
    elle l'étreint et lui sourit
    c'est la vie bonheur

     

     

    24/03/10 - ©dh

  • Lumière hivernale

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    Ses pas crissent en s'enfonçant dans le tapis blanc
    Un mélange de neige grésil n'a de cesse de tomber
    L'obscurité gagne sur le gris de cette journée ordinaire
    Sous la morne lumière hivernale des lampadaires
    L'homme se dépêche

    Une bise glacée lui arrache un frisson
    Il remonte le col de son pardessus
    Saleté de temps, cela n'en finira jamais
    Il serre son journal contre sa poitrine
    Obstacle dérisoire au vent qui s'insinue

    La journée est finie
    Il s'en revient du bureau
    L'ambiance y est exécrable
    L'entreprise ne va pas bien
    Il ne traîne pas, il presse son pas 

    Ce soir il a pris le chemin des quais
    Le fleuve déroule son long ruban noir
    Il pense à elle, il pense aux enfants
    Il leur demande pardon...
    Il a refusé sa mutation



    24/03/10 - ©dh 

  • Haiku 51 - hommage à Jean

     

    l’enfant a rejoint
    sa montagne tant aimée
    je l’entends chanter

     

     

    16/03/10 - ©dh