Haiku 67 - ronde
sur la Voie lactée
tourne une belle ronde bleue
tourne et tourne encor
08/02/11 - ©dh
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sur la Voie lactée
tourne une belle ronde bleue
tourne et tourne encor
08/02/11 - ©dh
Ces mots jetés dans les eaux boueuses du fleuve, rejoignent ensemble cette mer qui, tout à la fois, nous sépare et nous unit. Au loin, là-bas, sur l’autre rivage, sur cette terre où naquit Hannibal, s’éleve une lueur terrible. Allumée par un désespéré de la vie, elle est ce phare qui guide les opprimés vers leur affranchissement.
lueur sinistre
aux rives de Carthage
ton nom : liberté
24/01/11 - ©dh

Pas un cri, un murmure ou un souffle. Les images défilent, muettes. C’est à peine si le bruit sourd du roulement des boggies me parvient aux oreilles. D’imperceptibles secousses agitent mon corps à intervalles réguliers, trahissant le mouvement.
Au dehors, l’aube glacée à la lumière incertaine nous livre une brume dévorante. Des paquets de ouate se décollent avec peine du sol et tentent vainement de s’accrocher à tout ce qui n’est pas encore totalement recouvert. Le blanc manteau neigeux s’étale à perte de vue et se salit des estafilades grisâtres du corps des arbres rescapés, sursitaires résignés à l’étouffement programmé.
Au milieu de cette vision apaisée de lendemain de fin du Monde, un étang s’étale tel un joyau sombre posé sur une hermine. Son corps, grande tache gris anthracite aux contours bien nets, se livre sans retenue au regard des voyageurs. Ce qui doit être son miroir est si foncé et mat, qu’aucun reflet ne parvient à s’y accrocher. Vison rare d’une atmosphère flottant dans l’irréel. Ailleurs, tout alentour, ne règne que le blanc. Un blanc sans partage. Je suis muet devant tant de majesté et les mots me manquent. Sans aucun doute, les six que possèdent les Inuits pour distinguer les différentes nuances de blanc.
Le train se faufile doucement, continuant son chemin...
06/12/10 - ©dh
de mon cœur au tien
il est beau ce voyage
de mon corps au tien
28/10/10 - ©dh
en moi, bien au chaud
l'enfant nez rouge et doigts gourds
des hivers passés
26/10/10 - ©dh
à l'appel du froid
le vert cède à la rouille
se freutrent les pas
14/10/10 - ©dh
ricoche la pluie
sur les durs pavés luisants
je ne la plains pas
28/09/10 - ©dh
le vieux piano noir
craque encore des sonates
de ce temps passé
20/09/10 - ©dh

dans la rue des passants qui passent
aux fenêtres des immeubles bourgeois,
des rideaux-moucharabiehs filtrent la lumière
et le regard inquisiteur des observateurs observés
dans la rue des passants qui passent
mes poumons s’emplissent d'une fumée âcre
que crachent les pots d’échappement
des voitures aux moteurs vrombissants
dans la rue des passants qui passent
ne s’entend plus l’appel du vitrier et du rémouleur
mais le vacarme assourdissant du marteau-piqueur
lacéré par le hurlement intermittent des sirènes
dans la rue des passants qui passent
à l’interstice du caniveau et d’une bouche d’égout
éclate le jaune de la fleur d’un pissenlit
sémaphore végétal d’une grisaille conquérante
dans la rue des passants qui passent
déambule une foule indifférente,
le soulier traînant et s’usant
sur le tapis rêche d’un asphalte noir
dans la rue des passants qui passent
passe et se dépasse ainsi la vie
10/09/10 - ©dh
buée du matin
à la journée vêtue d'Or
traîne encor l'été
06/09/10 - ©dh

leurs mains tendues
moissonnent les foules
récoltent l’indifférence
se salissent de haines
la nuit n’est déjà plus
et le jour pas encore
que le cauchemar resurgit
plus hideux que jamais
leurs yeux noirs
perdent de leur éclat
fixent l’horizon lointain
s’embrouillent de larmes
le chemin s’arrête là
des ronces aux barbelés
luttent alors les couleurs
du bleu, du blanc, du rouge...
à la fin, le noir s’impose
dans un grand vide, un grand silence,
et mon cœur me fait mal, mal à en vomir
attendez-moi... j'arrive, mire pral
31/08/10 - ©dh
lignes parallèles
se suivent sans se croiser
ont la fin pareille
24/06/10 - ©dh