07 mai 2012

Haïku 89 - 6 mai

 

un nuage noir
soufflé hors du ciel bleu
éclot une rose

 

07/05/12 - ©dh

20 avril 2012

Les autres îles

Il y a eu Patmos où, sur les traces de Jean, je quêtais le Spirituel. Des Aléoutiennes en passant par les îles Sous-le-Vent aux mystères de Pâques, mes yeux se sont brûlés de ces lumières, ma peau s’est burinée des embruns. Dans cette course sans fin, je cherchais l’introuvable, je croyais à l’inexistant. Après une vie traversée de bonheurs éphémères, un soir, je m’étais couché, dans ce grand lit carré, recru de fatigue, harassé par les années. Tu t’étais approchée de moi et, tendrement, m’avais caressé le visage. Tu me murmurais des mots doux pour m’apaiser. Et j’ai vu, à la lueur de la lune, ce reflet dans l’océan de tes yeux, cette île tant recherchée, tant rêvée, enfin à  portée de main. Cette île qui supposait d’autres îles, c’était toi, c’était l’île de ton cœur.

 

20/04/12 - ©dh

17 avril 2012

Bascule d'avril

fond_avril.jpg

Le temps joue de la bascule. En ce mois d’avril qui s’effile, de son cœur sec il a fait jaillir des larmes de pluie de repentance. La nuit peu oublieuse de la longue attente, faisant fi de cette ultime et tardive demande de pardon, lui en a battu froid. Il a gelé ce matin.

 

 

17/04/12 - ©dh

03 avril 2012

Haïku 88 - matin d'avril

De ce matin je ne garderai rien, tout au plus un souvenir diffus, une douce lumière printanière s'évaporant des limbes de ma mémoire. Tous les matins du monde ne sont-ils pas sans retour ? 

 

au matin d'avril
de ton sommet dominant
chante rouge-gorge

 

03/04/12 - ©dh

23 mars 2012

Haïku 87 - impitoyable

 

pour eux c'est la nuit
et puisqu'il en est ainsi
que la bête meure

 

22/03/12 - ©dh

09 mars 2012

Haïku 86 - futur des passés

 

terre noire humide
au végétal pourrissant
senteurs d'avenir

 

9/03/12 - ©dh

29 février 2012

Haïku 85 - île déserte

 

l'île déserte
comme un lendemain d'amour
quand le cœur n'est plus

 

29/02/12 - ©dh

22 février 2012

Hellas

oliviers.jpgse baignent dans l’azur
s’estompent dans le lointain

là-bas sur l’indigo plat, un ferry trace sa route
laissant derrière lui un sillage blanc d’écume

une terre ocre et rude
lutte avec la roche pour le partage de l’endroit

des herbes folles desséchées
se mêlent aux minuscules champs de blé

un âne tourne sans fin sur une aire de battage
tirant un plateau de bois surmonté d’une énorme pierre

des centaines d’oliviers rabougris courent à perte de vue
à travers les collines, se mêlant à la garrigue

un silence rompu un temps par le cri d’une buse
postée à l’affût dans le ciel orphelin de tout nuage

et tout au bout du monde Kato Zakros
refuge d’Alex et Iphigénie, indomptables îliens

une lumière blanche, une mer omniprésente
sont enfants de ce pays, le seul et unique, Hellas...

se baignent dans l’azur
s’estompent dans le lointain...
mes souvenirs


22/02/12 - ©dh