08 février 2010
Dans ce jardin
dans ce jardin
le temps se fait calme
et le vent s'endort
se joue alors
la douce musique
des feuilles
au sol tombant
dans ce jardin
à la rosée du matin
s'offrent les fleurs
et au premier rayon venu
sur le tendre tapis vert
du bord de la fontaine
s'ébrouent les petits princes
dans ce jardin
la nappe blanche est mise
pour une grande fête désertée
et seul en livrée noire
un majordome sautille
cherchant au milieu de la toile
le nombre d'or perdu
dans ce jardin
des après-midis conquérants
bruissent les frondaisons
et à l'ombre généreuse
des grands arbres
se couchent avec bonheur
les amoureux reconnaissants
08/02/10 - © dh
11:22 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 février 2010
La dune

La mer fait le gros dos. La grève sert de déversoir à d'énormes rouleaux gris marron. Le grondement est assourdissant. De rage, la mer recouvre tous les galets de la plage d'une écume blanchâtre. Le vent, monstrueusement puissant, fait valoir ses droits à la grande dune qui surplombe ce petit coin du littoral. L'endroit, rareté pittoresque, se trouve coincé entre une forêt de pins et de chênes et un minuscule bourg où se serrent une poignée de maisons basses et massives, couvertes de lauzes. Sifflant de rage, l'enfant d'Eole arrache à l'imposante dune d'incroyables quantités de sable, les projetant en écharpes tournoyantes vers un ciel patibulaire, entièrement saturé de nuages noirs.
Rien ne doit, rien ne peut faire cesser la course de ce serviteur zélé, vassal obéissant au suzerain suprême, le commandeur des forces de la nature. Rien ne semble pouvoir le contrer. De vent à tempête déclarée, il semble atteindre son paroxysme quand brusquement, comme de dépit et de renoncement face à l'ampleur de la tâche, il s'arrête. Un promeneur fourvoyé et certainement inconscient en profite pour presser le pas dans la direction du hameau. Il garde la tête engoncée dans son ciré jaune et retient sa respiration, de crainte qu'un déplacement d'air, si minime soit-il, ne rejoigne le dépité et ne l'incite à recommencer. Peine perdue, le répit ne dure pas. Agissant, par calcul, sur un éventuel relâchement de l'opposition, le vent repart de plus belle. Plus virulent et plein de fureur, c'est avec une force décuplée qu'il s'attaque maintenant aux touffes de laîche, l'indéfectible alliée de la dune. Et ce sont des paquets entiers de végétaux qui sont arrachés et emportés, transformant cet ancien havre de paix en un enfer à la vision quasi dantesque.
La pluie, bien trop impressionnée par la violence de son acolyte, évite de participer à la curée. Elle laisse le saccage aboutir. Tout à l'heure, il lui sera encore assez temps de faire preuve de quelque compassion en pleurant abondamment sur ce qui restera de la dune.
05/02/10 - ©dh
11:23 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 février 2010
De saison
A l’hiver où règne le grand froid
Suit le printemps doux comme il se doit
Et quand au bel été brûlent les corps
C’est à l’automne que coule l’or
03/02/10 - ©dh
14:49 Publié dans Le quatre contraint | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 janvier 2010
22 janvier...

Photo du cargo au nom de Yalou dans lequel mon père fit probablement* le voyage pour la France - collection Albert-Jean Pund. *Deux bateaux arrivèrent à Marseille le 22 janvier 1940 après plus de trente jours de navigation : le Sikiang et le Yalou
08:47 Publié dans Brèves | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05 janvier 2010
Haïku 47 - résolutions
les résolutions
qui jamais ne sont prises
restent les meilleures
05/01/10 - ©dh
17:13 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21 décembre 2009
Remember Walt...
Les jours passent... Les jours lassent... Un pas s’avance et s’ajuste avec lenteur devant l’autre...
Glissent en silence les paquets de nuages sur fond d’horizon d’un soleil flamboyant, délire magistral d’une alchimie que seule la nature peut engendrer. Mille feux rougeoyants, mille ors fondants vers des blancs immaculés. Et mon imagination vagabonde vers ces contrées. Là-bas, au pays des châteaux magnifiques, où le pourpre, le satin, le marbre blanc et le porphyre font loi. Châteaux sertis comme des pierres précieuses dans d’immenses parcs luxuriants aux larges allées tantôt rectilignes, tantôt sinueuses à la rencontre d’arbres vénérables aux empennages débordants. En ces lieux ne règne qu’une seule saison qui ne porte aucun nom. Le froid, la canicule y sont inconnus. Même la pluie se fait discrète en ne tombant que très rarement la nuit pendant le sommeil des vivants. Un vent doux et puissant secoue la canopée environnante faisant frissonner de contentement cette nature au sommet de sa plénitude.
Sur le perron d’un de ces châteaux, se tient une gente dame serrant dans ses mains, blottie contre son cœur, une tourterelle blanche. Retenant l’oiseau jusqu’à l’ultime seconde de sa prière silencieuse, elle étend ses deux bras à l’horizontale. Deux longues mains fines s’ouvrent subitement libérant le dépositaire de ses vœux secrets. D’un battement d’ailes énergique le messager s’envole très haut en une majestueuse courbe donnant l’impression du retour pour finalement se raviser et disparaître, se fondant dans l’éclatant lointain...
21/12/09 - ©dh
10:58 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15 décembre 2009
Haïku 46 - noël
noël au dehors
avec une bûche glacée
c'est vraiment flocon
15/12/09 - ©dh
10:41 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12 novembre 2009
Haïku 45 - l'hirondelle
parabolique
le vol de cette hirondelle
ainsi va la vie
12/11/09 - ©dh
14:28 Publié dans Haïkus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


