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daniel

  • Haiku 248 - un soir à Mézin

     

    un or en fusion
    dans l'infini rougeoyant
    un cadeau du ciel

     

    07/11/20 - ©dh

     

  • Haiku 247 - härbschtlig Milhüsa

     

    souffle fort le vent
    roule gros nuage gris
    danse feuille morte

     

    27/10/20 - ©dh

     

  • Haiku 246 - Goumier IX

     

    La Romieu le treize
    on fête l'amie, la vie
    et c'est toi Nadia

     

    13/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 245 - Goumier VIII

     

    Pomerol, Margaux
    ravivent les souvenirs
    d'amitiés passées

     

    12/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 244 - Goumier VII

     

    paroles de pays
    chantent encore les mots
    remplis de bon sens

     

    11/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 243 - Goumier VI

     

    noir bleu la nuit noire
    aux braises rougeoyantes
    sardines grillées

     

    10/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 242 - Goumier V

     

    profane ou sacré
    du touriste au pèlerin
    Condom ébahit

     

    05/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 241 - Goumier IV

     

    un débat s'anime
    les étoiles pour témoins
    aimer, être aimé

     

    08/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 240 - Goumier III

     

    dans Larressingle
    l'habitant a sa défense
    les boules de glace

     

    07/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 239 - Goumier II

     

    allée du Goumier
    épiques duels de boules
    la pétanque est reine

     

    06/09/20 - ©dh

     

  • Haiku 238 - Goumier I

     

    Goumier de Mézin
    des rires, des accolades
    c'est les retrouvailles

     

    05/09/20 - ©dh

     

  • A François, l'Arpenteur d'étoiles

     

    Je n'ai eu connaissance de son décès qu'il y a très peu de temps. Le 28 août 2019, il y a un an jour pour jour, disparaissait François Ebrard. Ce nom, anonyme parmi les anonymes, n'éveillera pas de souvenirs pour bon nombre d'entre vous mais son pseudo sur la toile, Arpenteur d'étoiles, lui sera très certainement reconnu par tous les passionnés d'écriture qui, un jour, ont fréquenté le site des Impromptus littéraires. Alors plutôt que mes mots, je prends l'initiative de publier des mots à lui, l'un de ses poèmes, pour lui rendre un hommage posthume.

    Au revoir l'ami, au revoir mon frère...

     

    L'Effroyable réveil

     
     
     
    Quand l’aile de la nuit couvrait encore le monde
    Nous étions des milliers, n’avions ni dieu ni roi.
    Nous étions les porteurs de vos peurs vagabondes
    Les seigneurs des ténèbres et des contrées sans loi.
     
    Vos cités étaient nôtres. Nous venions d’autres terres.
    De ces îles ignorées aux entrailles fécondes.
    Nos hippogriffes mus par les vents des enfers
    Rugissaient en silence au bord des eaux profondes.
     
    Nous descendions paisibles vers les bas-fonds des villes
    Pour frotter nos peaux sèches à celles des ribaudes
    Reniflant les relents des caresses serviles
    Aux carrefours étroits et glauques des maraudes.
     
    Nous laissions derrière nous la morsure des rapaces,
    Un souffle d’air glacé courant dans les couloirs
    Et l’écho de nos rires quand vous cherchiez la trace
    De nos reflets absents dans l’eau des grands miroirs.
     
    C’était un autre temps, c’était encore hier.
    Si je suis emmuré dans une tombe grise
    Mes compagnons grimacent en leurs prisons de pierre
    Accrochées tout en haut du clocher des églises.
     
    Mais ne reposez pas, ô vous pauvres mortels !
    Nos maîtres sont puissants diables tricéphales.
    Ils se nomment l’argent, le pouvoir, les chapelles
    Et rampent dans vos âmes, prêts à ouvrir le bal.
     
    Quand ils auront semé assez de terreurs vaines
    Dans vos cœurs pétrifiés, assez de noires envies
    Dans vos cerveaux jaloux, suffisamment de haine
    Dans vos foules aveugles, ils nous rendront la vie.
     
    Ils viendront nous chercher perchés en haut des tours.
    Nous planerons alors dans des cieux embrasés.
    Depuis des millénaires nous renaissons toujours
    Et laissons libre cours à nos orgies passées.
     
    Et moi je suis le prince de la sombre cohorte
    Dans mon repère glacé je brûle d’impatience
    J’ai perçu tout à l’heure le serpent qui m’apporte
    Le signal espéré de notre délivrance.
     
    Mes yeux se sont ouverts, déjà je sens en moi
    La lave rougeoyante qui irrigue mes chairs.
    Les valets ont sorti mon habit d‘apparat
    Bientôt je vais paraître aux portes des enfers.
     
    Je ne sais pas encore dessous quelle oriflamme
    Nous nous élancerons. De quelle ville sainte :
    Jérusalem ou Rome, La Mecque ou Manhattan.
    Mais je sais que bientôt s’élèveront les plaintes.
     
    Svastika ou faucille, qu’importe la bannière,
    Le Talmud ou la Bible, Evangile ou Coran
    Qu’importe le slogan : la haine est sans frontière
    Pour les fous sanguinaires qui traversent le temps.
     
    Nous repartons encore pour l’éternel voyage
    Poussant la cruauté à son point culminant
    Nous sommes pour toujours les mercenaires sans âge
    Du fanatisme absurde pourvoyeur du néant.
     
    Surtout n’oubliez pas, ô hommes sans mémoire :
    Quand vous voyez, moqueurs, briller nos yeux de pierre
    Et nos gueules ouvertes qu’au soir la lune éclaire
    C’est le fond de vos cœurs que vous devriez voir.
     
     
    © Arpenteur d'étoiles (François Ebrard)