12 novembre 2009

Haïku 45 - l'hirondelle

 

parabolique
le vol de cette hirondelle
ainsi va la vie

 

 

12/11/09 - ©dh

27 octobre 2009

Haïku 44 - eldorado

 

eldorado si
tu te caches dans les yeux
les yeux de l'amour

 

 

27/10/09 - ©dh

21 octobre 2009

Silence

paysage.jpg 

sans même crier gare
il s’étale et s’impose
le changement est si brutal
que mon cœur en est surpris
lui qui bat à rythme rapide
chute instantanément
aspiré par le vide présent
le silence vient de s’inviter
laissant aux molécules seules
le droit de s’entrechoquer
pour une hypothétique cacophonie
dans leur monde infinitésimal
de longs moments
prolongent de longs moments
et s'écoule la clepsydre
de mon horloge vasculaire
et monte à mes oreilles
le bruit d'un flot
où sourd cette angoisse
allant crescendo
jusqu'à emporter
le primo soulagement
et se ressent ce manque
le regret du bruit de la vie
dès lors ne supportant plus
ce trop pesant remplaçant
et après une ultime hésitation
jaillit ce cri renaissance
mettant fin à l’hégémonie
de cet autocrate silence

 

21/10/09 - ©dh

08 octobre 2009

Souvenir

lilas.jpg

Il est dans la vie des instants, heureux ou malheureux, qui laissent en chacun de nous des traces indélébiles. Bien souvent, il en est une qui prédomine. Flotte dans ma mémoire, dans ce marais que sont mes souvenirs, une image revenant de manière récurrente sans que rien ne l’appelle à se manifester. Jamais je n’ai cherché à m’en débarrasser en la précipitant dans le gouffre de l’oubli. Elle ne me dérange pas plus que cela. Elle fait partie de ces choses passées à l’ordinaire pour lesquelles l’indifférence est de mise, de ces objets que l’on côtoie depuis si longtemps qu’il arrive de ne plus les voir bien que, structurellement, ils soient bien là.

Cette image me ramène immanquablement à une rue, un bout de jardin, un lilas en fleur. Je me souviens de ce matin où, enfant je m’étais arrêté devant ce lilas. Je l’avais contemplé, l’espace de quelques secondes, avant de reprendre ma promenade. Il était planté dans un modeste jardin qui bordait une maison aussi grise que banale. Aucun événement fortuit n’avait marqué cet instant. Vraiment rien qui puisse capter mon attention, capable à ce point de marquer ma mémoire.

Des massifs de lilas à longues tiges ployant sous le poids de fleurs épanouies blanc mauve, rehaussées du vert délicat et profond de leur feuillage, embaumant tout l’alentour de subtiles fragrances, il m’en a été donné d’en voir, d’en humer par centaines. De ceux-là, je n’ai gardé que des souvenirs visuels et olfactifs qui me permettent d’en parler aujourd’hui. Mais aucune rencontre végétale, animale ou humaine ne m’a laissé une telle empreinte aussi précise, aussi répétitive dans ses apparitions et surtout aussi énigmatique par son étrange banalité. Non, la terre n’a pas tremblé ce jour-là et je ne crois pas qu’un alignement de planètes ou une présence invisible quelconque aurait influé sur cette imprégnation d’image. Je me souviens et ne cherche aucune explication à l’éventuelle signification de ce leitmotiv visuel. La vie m’a appris que l’ordinaire, aussi, avait le droit d’exister.

 

08/10/09 - ©dh

06 octobre 2009

Haïku 43 - passé

 

roule en mémoire
le caillou rond prisonnier
du chemin passé

 

 

06/10/09 - ©dh

30 septembre 2009

Haïku 42 - variation

 

blanche la nuit noire
de l'aigri au matin blanc
où plus rien n'est gris

 

 

29/09/09 - ©dh

28 septembre 2009

Haïku 41 - vain cœur

 

cœur tendre en pleurs
au petit matin tremblant
vain cœur de la nuit

 

 

28/09/09 - ©dh

10 septembre 2009

Haïku 40 - langueur

 

comme un dimanche
où s'égrène ce temps lent
rythmé par Satie

 

 

08/09/09 - ©dh