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Impressions

  • Te souviens-tu...

    te souviens-tu de cet été, enfant…

    quant au chant du coq tu t’étais levé à la lueur de l’ambre clair naissant, et que, dans ce jardin où régnait ce faux silence bruissant, d’un pas mal assuré tu avais marché les pieds nus sur l’herbe tendre, mouillée de la rosée du matin…

    te souviens-tu de cet été, enfant…

    quand dans la nuit conquérante, tu avais levé ton regard émerveillé vers l’immensité de cette voûte céleste traversée d’une pluie de comètes scintillantes filant se noyer dans l’indigo océan…

    te souviens-tu de cet été, enfant…

    de cette lune blanche et ronde que tu avais rendue captive, l’espace d’un moment, au fond d’un seau dans le reflet de son eau…

    te souviens-tu de cet été…

     

    12/12/14 - ©dh

  • Givre

    nature_givrée.jpg

    A l’heure où la nuit s’apprête à desserrer son étreinte sur la cité endormie, que la lumière reprend lentement et timidement ses droits, s’offre à mes yeux jamais rassasiés l’étendue givrée d’une nature figée. Très certainement blasées, quelques ombres grises filent sans marquer l’arrêt, ni même porter la moindre attention au merveilleux. Une pellicule glacée recouvre tout alentour. Du végétal au minéral, il n’est presque rien qui ne soit pas habillé de cette fine dentelle. A l’instant où les réverbères abandonnent leur lutte molle contre l’obscurité fuyante, disparaissent alors les reflets ivoire au profit d’une blancheur éclatante. Un silence qui se veut absolu accompagne le moment comme il en est pour certaines beautés qui forcent le respect et l’admiration, laissant sans voix tous ses témoins. Cette vision, véritable gourmandise de fin d’année, mon cœur la savoure avec un bonheur extrême. Le ciel se teinte d’ambre claire annonciatrice de l’inéluctable. D’ici peu le soleil, maître du jour, reprendra ses quartiers.

     

     

    10/12/13 - ©dh

     

  • Oubli

    ronds.jpg



    Que de desseins et de quêtes d’éternité aux destins sombres dans cet univers. Il en est des futiles, c’est vrai, mais pas que. L’oubli, fait mineur au demeurant, se révèle être à la fin bien tragique. Je prends, j’absorbe, je recrache, j’oublie.

    Erato effleure de sa main l’imaginaire du poète et le voilà officiant diffuseur livreur d’une pensée, d’un message. Visible et audible à son origine, l'apophtegme suit son chemin en s’estompant pour se perdre dans l’infini. Un caillou tombe et frappe le miroir lisse et immobile de la vie, de l'eau. L’onde du choc se disperse en une multitude de cercles concentriques qui vont en s’élargissant jusqu’à disparaître. L’intemporalité n’est pas de ce monde. Tout se dilue et se meurt avec certitude dans l’espace-temps comme se meurent les ronds dans l’eau.

     

    19/09/13 - ©dh

     

  • Ballade

    nuage_blanc_noir.jpg

    Frères humains, qui comme moi vivez
    N’ayez les cœurs contre lui endurcis,
    Car, se pitié de ce temps gris avez,
    Dieu en aura plus tost de vous merciz... 

    Ce matin passait devant ma fenêtre une cohorte de nuages. Ces derniers étaient tous plus gris et noirs les uns que les autres. Cependant  se détachait de ce troupeau, un spécimen plus clair et bien plus gros. Sa forme, au demeurant magnifique, ne m’invitait pas, hélas, à l’enthousiasme. Mais il faut que je vous l’avoue, son niveau bas, presqu’à ras le sol, et la particularité de son galbe tout en rondeur m’incitèrent à sortir de la maison. En scrutant cette splendeur naturelle  il me sembla apercevoir à son avant, le dessin d’une énorme branche d’arbre. Je restais là longtemps à l’admirer, le visage détrempé par sa pluie. L’envie me prit alors d’aller récupérer la longue corde remisée dans mon garage. De retour dans le jardin, je tentais à plusieurs reprises d’accrocher la formidable branche de ce nuage. Mais à chaque fois qu’il me semblait l’atteindre, irrémédiablement la corde me retombait sur la figure. Je crois, je ne peux vous l’affirmer, que mes gesticulations eurent le pouvoir d’agacer ce visiteur céleste. Et après m’avoir généreusement offert une ultime  saucée, il s’en alla tranquillement, presque nonchalamment…

    Frères humains, qui...



    31/05/13 - ©dh

     

  • Dans mon jardin

     
    dans mon jardin
    tombent et tomberont toujours
    les feuilles mortes
    du grand arbre dominant

     

    dans mon jardin
    crissent et crisseront constamment
    les blancs graviers de l’allée
    sous le pas du passant

     

    dans mon jardin
    s’enfuient et s’enfuiront sans cesse
    les couleurs éclatantes de l’été
    à l’hiver approchant

     

    dans ce jardin
    frémit et ne frémira pas éternellement
    mon cœur aux douces senteurs
    des printemps renaissants 

     

    27/12/12 - ©dh

     

  • Grisaille

    Gris, gris, quand tout est gris le ciel est plombé, l’humeur chagrine, le végétal terne, les maisons sans relief, les objets sales. Etaler son ressenti en pareille circonstance c’est, bien souvent, établir une échelle dans les valeurs tonales, du clair au foncé, comparer au minéral ou à l’animal. Pétrole, ardoise, anthracite, éléphant, souris... Les voilà bien souvent associés au descriptif de la quasi-noirceur des jours tristesse, des jours sans soleil. Tout cela est totalement immérité. La morosité générale prend source ailleurs. Rendons à Caesar ce qui lui appartient, rendons à l’homme ce qui est à l’homme. Le gris est à l’usure, le gris est à la tribune.

     

     

    04/12/12 - ©dh

  • Quiétude automnale

     

    lumière_d_automne.jpgJ’aime à me réchauffer aux rayons de ce soleil d’automne, à sentir mes épaules s’engourdir. J’aime quand s’engage ce combat, qui n’en est pas vraiment un, entre ce désir de s’assoupir et cette volonté de garder les yeux bien ouverts. Dans ces moments-là, je ne pense à rien de précis, me contentant de calmer ma respiration et de regarder, sans jamais les regarder, passer les gens, véhicules et animaux. Cet après-midi le ciel bleu est délavé. Parsemé de grandes plaques à peine blanches, il coiffe un paysage urbain inondé de lumière qui prend un air de détrempe miel or. Affalé sur un banc, je m’y enfonce, imperceptiblement, comme pour y rechercher un meilleur confort. Les battements de mon cœur se font de plus en plus espacés, la somnolence me gagne. Un bâillement, puis un autre, me tirent des larmes bien involontaires. La vue brouillée, je m’étire en me levant. Il est, pour moi, grand temps de rentrer avant que la journée ne soit trop entamée, conscient que le changement de luminosité modifierait et gâcherait, irrémédiablement, tout le bénéfice de ce moment de quiétude privilégié.

     

     

    22/11/12 - ©dh

  • Feuilles d'automne

     

    feuilles_hêtre.jpgCe n’était plus de simples feuilles de hêtre collées à un rectangle gris, mais bien des éclats de couleur vert, sienne, or, rehaussés de la lumière d’un courageux soleil d’après ondée, suspendus avec délicatesse à un dais bleu teinté d'une minéralité pétrole, qui s’offraient à mon regard ce matin-là.

     

    07/11/12 - ©dh

  • Matin gris

     

    nuages.jpg

    Gris clair, gris foncé... Cette nuit la pluie n’a eu de cesse de tomber et, ce matin, il est bien difficile de discerner l’horizon. Gris perle, gris argenté... Un tableau monochrome s’offre à moi avec la plus incroyable palette de gris, du plus clair au presque noir. Gris fer, gris acier... Cherchant à se dégager de cette étreinte, le ciel semble vouloir se faire pardonner en sacrifiant ses nuages les plus blancs aux aspérités du paysage. Gris ardoise, gris anthracite... En se déchirant à leur contact, les nuages ressemblent à de formidables paquets de ouate appliqués à la terre détrempée, donnant l’illusion de vouloir atténuer les outrages pluvieux subis par cette dernière la nuit passée. Gris vert, gris bleu...
     

     

    14/10/12 - ©dh
  • Glissement

    ombre_jaune.jpg

    Août se passe, s’écoulant dans une agréable torpeur. Sous un brûlant soleil dominant, les corps, les ombres s’étalent, communiant avec une nature lascive. Rien ne semble pouvoir interrompre cette langueur. Nul ne le souhaite et pourtant... La blanche lumière s’ambre doucement à mesure que s’égrènent les jours. La bascule s’incline imperceptible, aussi lentement que sûrement. Bientôt, aux soirées chaudes s’invitera sans aucune gêne une fraîcheur effrontée, messagère de mauvais augure. S’éveille alors en moi cet espoir, celui de vivre un magnifique été finissant flamboyant, résistant acharné, capable de repousser durablement l’échéance de la venue du dictateur hiver, grand maître du froid.

     


    16/08/12 - ©dh

  • Bascule d'avril

    fond_avril.jpg

    Le temps joue de la bascule. En ce mois d’avril qui s’effile, de son cœur sec il a fait jaillir des larmes de pluie de repentance. La nuit peu oublieuse de la longue attente, faisant fi de cette ultime et tardive demande de pardon, lui en a battu froid. Il a gelé ce matin.

     

     

    17/04/12 - ©dh

  • Hellas

    oliviers.jpgse baignent dans l’azur
    s’estompent dans le lointain

    là-bas sur l’indigo plat, un ferry trace sa route
    laissant derrière lui un sillage blanc d’écume

    une terre ocre et rude
    lutte avec la roche pour le partage de l’endroit

    des herbes folles desséchées
    se mêlent aux minuscules champs de blé

    un âne tourne sans fin sur une aire de battage
    tirant un plateau de bois surmonté d’une énorme pierre

    des centaines d’oliviers rabougris courent à perte de vue
    à travers les collines, se mêlant à la garrigue

    un silence rompu un temps par le cri d’une buse
    postée à l’affût dans le ciel orphelin de tout nuage

    et tout au bout du monde Kato Zakros
    refuge d’Alex et Iphigénie, indomptables îliens

    une lumière blanche, une mer omniprésente
    sont enfants de ce pays, le seul et unique, Hellas...

    se baignent dans l’azur
    s’estompent dans le lointain...
    mes souvenirs


    22/02/12 - ©dh