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Brèves

  • sans pression

     

    Le demi insipide commandé hier soir au café de la place principale du village… sans pression.

    Elle qui vient se plaindre de ne pas pouvoir se laver les cheveux comme il faut avec le quasi filet d’eau de la douchette de la salle de bain de la location… sans pression.

    Et moi, du sommet de la butte, assis dans un fauteuil à l’ombre d’un grand tilleul, un verre à la main, j’apprécie la vision d’une nature magnifique offerte à mon unique regard. Un vent léger me caresse le visage par intermittence, jouant avec bonheur le rôle de modérateur de la touffeur de cette fin d’après-midi d’été… sans pression en Quercy.

     

    26/07/18 - ©dh

     

  • Vous ici, monsieur le comte...

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    Dans les sombres coursives, là où un vertigineux escalier en colimaçon montait et descendait, j'ai rencontré l'esprit vagabond de l'impénitent pénitent... Il y a longtemps, il avait fuit ce lieu pour les Provinces-Unies... Ce fut là le tournant de sa vie qui l'amena, plus tard, à marquer fortement de son empreinte la République naissante...

     

    12/01/16 - ©dh

  • Surlendemain

    Aujourd’hui, surlendemain de ce treizième jour de novembre, un soleil diffuse une lumière douce dans mon jardin. A mes pieds s’étale un grand tapis jaune rouille tissé de milliers de feuilles des arbres tout alentour. Mon regard se lève vers le ciel. Il est bleu. Presque instantanément je ressens un grand froid dans ma poitrine. Mon cœur se trouve pris dans une gangue de glace. Le ciel est bleu... Bleu glace.

     

    15/11/15 - ©dh

     

  • Sans retour

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    Y a-t-il un retour après le passage d’un pont ? Le chemin que l’on prend dans la vie est toujours sans retour. Dire d’un aller qu’il est simple c’est croire inconsciemment à la possibilité d’un retour. Il n’est de mouvement, pour toute chose dans cet univers, qu’un déplacement singulier. Rien ne revient jamais en arrière. Ce qui est accompli est accompli. Les larmes, les regrets et les remords n’y changent rien.

    Bulle de savon, née d’un souffle d’air, monte et descend dans les cieux en nous émerveillant, finit toujours par s’effacer au bout d’un temps inégal mais compté. Seconde ou milliards d’années, quelle qu’en soit sa durée ou sa forme, la matière poursuit son chemin. Se désagrégeant pour se conglomérer et se désagréger à nouveau, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, l’éternité réside en elle et elle en nous. Nous, poussières d’étoiles, faisons pleinement partie de ce mouvement... sans retour.

     

    13/05/15 - ©dh

     

  • Songe

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    Se sont passés ces printemps déroulant des tapis de fleurs dans la chaleur, mais aussi, parfois, dans la fraîcheur. Toujours accompagnés de ces bataillons d’oiseaux sifflant la vie avec bonheur, ils sont le renouveau éternel. Combien d’années se sont écoulées depuis ce fameux jour? Vingt, trente ou plus? Je ne saurais vous le dire. Et de ce moment-là, de cet instant précis, il me reste cette vision mystérieuse qui a marqué ma mémoire à tout jamais. Etait-ce un rêve ou bien un songe?

     

    Je me trouve à l’intérieur d’une bâtisse en pierre, dans une pièce baignée d’une douce lumière. Je suis à genoux, les bras écartés, les paumes de mes mains tournées vers le haut. Debout, derrière moi, se tiennent quatre ou cinq personnages. Je me tourne légèrement par la droite pour mieux les voir. Ils sont drapés dans de longs vêtements blancs. L’un d’eux, à l’avant du petit groupe, porte la barbe et a les cheveux d’un blond vénitien. Son visage exprime une grande bonté. Il me sourit et, avec un calme incroyable, me dit :

     

    «Nul ne peut rien contre le baiser du pèlerin qui revient de La Mecque.»

     

     

    18/03/14 - ©dh

     

  • Rien que pour vous

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    A vous qui me lisez encore, à cette petite poignée d’irréductibles qui me fait l’honneur d’arpenter, un grand mot, ce territoire qu’est mon blog, à vous donc et rien qu’à vous, je tiens à vous faire part de toute mon affection. Ces derniers temps mes écrits se font plus rares et l’idée de tout cesser me taraude. La démotivation devant le silence du désert, la baisse avérée des voyageurs le traversant et peut-être le tarissement de l’oasis créativité, tout cela renforce un peu plus, chaque jour, cette éventualité.


    Peut-être en suis-je arrivé à la même constatation que le Drago de Buzzati ? Allez savoir...


     

    17/01/14 - ©dh

  • Message

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    Il fait beau sur Saint-Malo ce jour-là. A l’angle d’une petite rue, sur un mur à crépi gris, un message à la peinture blanche tagué au pochoir. L’espace d’un temps, qui demain sera éternité, je le déchiffre.

     

    Tendre, je l’approuve sans retenue
    Osé, il titille mon âme frondeuse
    Ironique, sa lecture me réjouit

    Lisible, il s’affiche ouvertement
    Accessible, sa simplicité me rassure

    Bref, il est compris en un quart de temps
    Amical, son contenu se partage
    Souriant, il illumine toute grisaille

    Jeune, son écriture n’a pas d’âge
    Engagé, il est sans conteste universel

    Téméraire, son audace me plaît

    Amoureux, il demeure indomptable
    Idéal, sa flamme brille à jamais
    Merveilleux, il appelle à la mobilisation
    Eternel, le bonheur est dans son monde

     

     

    01/08/13 - ©dh

     

  • Juin ou le rendez-vous manqué

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    Disparu au loin

    Bien loin, à un point

    Que ça fit du foin

    Il revient chafouin

    En ce mois de juin

    La pluie en témoin

    Chantant tsoin-tsoin

    Salut les coin-coin

     

    Vraiment pour le moins

    Quel vilain sagouin !

     

     

    19/06/13 - ©dh

     

  • Portrait

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    Et voilà !

    Ne suis-je pas beau ?

     

  • Fin de réédition

     

    La réédition des haikus 1 à 31 vient de se finir.

    Demain j'édite ma photo.
    Ce sera une première !

  • Etrange

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    Nous sommes un lundi du début du mois de février, au mitan d’un hiver qui ne connait, cette année, aucun répit dans sa grande générosité à recouvrir de neige routes et chemins du pays. La température extérieure descend nettement sous le zéro degré. La maison est bien chauffée, ce qui est, il faut le dire, qu’une maigre consolation face à la grisaille des jours sans soleil et sans fin. Pourtant, en entrant dans la pièce, l’homme ne peut s’empêcher de se faire cette réflexion. «Que la lumière est douce et agréable aujourd’hui.» Tout semble baigner dans une atmosphère paisible, quasi irréelle. Lui-même n’a jamais été aussi bien et cela depuis fort longtemps...

    Nous sommes un lundi du début du mois de mars, l’hiver desserre son étreinte en diminuant griffures et morsures de froid de façon significative. Les jours gagnent sur les nuits mais la morosité perdure. La déprime guette. Seule note positive : la maison est toujours aussi bien chauffée. Ce jour-là, tout en s’installant dans son fauteuil préféré un livre à la main, l’homme en vient à se faire la même réflexion qu’au mois de février...

     

    Etrange...

     

    21/03/13 - ©dh

  • Sans T

    avec lui

    l’échange s’anime

    se gonfle

    gagne en saveur

    en acide

    dérape parfois

    mais livre les cœurs

    dans une franchise

    noyée d’amour

    mais aussi

    hélas

    parfois de haine

    quand l’insensible arrive

    l’indifférence se replace

    s’efface alors le langage du familier

    à sa place l’ancien

    prince des bonnes manières

    du grand

    du mépris

    de la froideur

    le vous de la bienséance

    qui passe sans vous voir

    alors sans celui que je ne peux nommer

    le u orphelin resserre les bouches

    en caisses de résonnance de sirènes

    pour ces mélodies désespérées

    perdues au loin dans les bois

    là où dans les branches des arbres

    s’enroule l’écharpe sans fin d'un air glacé

     

    14/01/13 - ©dh