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Impromptus littéraires

  • le sacre de l'été

     

    étalé en galette

    sur le sable blanc

    qui me colle à la peau

    j’entends les cris

    les rires des enfants

    leurs plongeons

    leurs barbotements

    dans cette eau transparente

    le ressac métronome

    en symphonie mineure

    s’entremêle aux sons

    à en devenir bouillie

    si douce

    si apaisante

    à me noyer

    dans un abîme

    un océan de léthargie

    où plus rien n’existe

    rien ne compte

    si ce n’est toi à mes côtés

    tu vois

    reste toujours vivace

    le souvenir

    de ces instants magiques

    de la plénitude

    de nos vingt ans

    de ces étés brûlants

    avec toi

    mon amour

     

    01/07/17 - ©dh

     

  • Haiku 164 - le doigt sur l'interrupteur

     

    maître du destin
    l'instant d'un temps suspendu
    ordonne à la vie

     

    19/01/17 - ©dh

  • Haiku 147 - la vengeance

     

    toi belle insensible
    à l'ombre du coin d'une ride
    ton destin t'attend



    24/06/15 - ©dh

     

  • Haiku 143 - la délicatesse des liaisons

     

    mon souffle t'effleure
    tu rougis le regard trouble
    délicat amour



    10/04/15 - ©dh

     

  • C'est du gâteau !

    Je m’appelle Steven, je viens d’avoir vingt ans
    Culturiste dans l’âme, je tiens à ma forme
    Les filles disent que je suis un gars hors norme
    La vie est belle, je la croque à pleines dents

    En salle, je soulève des tonnes de fonte
    Devant les grandes glaces j’aime à m’admirer
    Mes tablettes de chocolat font saliver
    C’est vrai je suis narcissique, cela sans honte

    Pour moi, c’est d’enfer tout roule, c’est du gâteau
    Vie privée, vie publique, tout est top-niveau
    Y’a rien à dire, je suis vraiment très heureux

    Je…  je vous raconte des craques, je vous mens
    Le chocolat a fondu, j’ai perdu mes dents
    J’ai quatre-vingts balais, ma vie c’est du gâteux

    23/03/15 - ©dh

     

  • Un crime

    Délivrance

    C’est bien la Germaine qui va être contente. On a retrouvé son Marcel dans la fosse à purin d’la ferme. Ça faisait trois jours qu’il avait disparu le Marcel.

    J’dis pas que c’est mérité, mais presque… Allez, disons-le tout net, c’est bien fait pour sa gueule ! J’sais pas s’il a été dézingué ou si c’est un accident mais, pour moi, c’est du pareil au même… Il est plus là, il est plus là... Et c’est tant mieux.

    Fini les mains baladeuses, les allusions graveleuses aux gamines qui croisaient le chemin de ce… Allez, n’ayons pas peur des mots, saligaud. Oui saligaud, fainéant et pochetron à la fois. J’dirais qu’il a fini comme il a vécu… Dans d’la merde. Pour tout vous avouer, je le haïssais.

    Vous allez me demander pourquoi j’exprime tant de rancœur contre ce sale type ? Ben, parce que j’suis la fille d’la Germaine.

     

    20/03/15 - ©dh

     

  • Haiku 140 - drapeau blanc

     

    un amour s'enfuit
    et sur le cœur citadelle
    flotte un drapeau blanc



    09/03/15 - ©dh

     

  • Haiku 138 - si on m'avait dit

     

    si on m'avait dit
    que... un jour on le dirait
    je vous l'aurais dit



    09/02/15 - ©dh

     

  • Au fond du jardin

    chat vire de bonheur
    des formes, des couleurs
    un animal végétal
    surprenant, verdoyant
    se fait reposant

    chat pitre on rigole
    des roulades, des cabrioles
    l’animal social
    fourbu, abattu
    n’en peut plus

    chat grain de déraison
    des peurs, des superstitions
    l’animal banal
    polisson, mignon
    fait ronron


    27/01/15 - ©dh

  • Haiku 136 - les beaux dégâts

     

    à l'inaccessible
    j'ai dit inconscient : t'es belle
    v'la les beaux dégâts



    19/01/15 - ©dh

     

  • Haiku 134 - indécision

     

    à gauche ou à droite
    c'est bien l'éternel dilemme
    depuis qu'est le slip



    15/12/14 - ©dh

     

  • C'est beau une ville la nuit

    Un horizon bleu noir
    Des ombres s’accrochant sur le sombre
    Perforées de minuscules rectangles jaunes

    Dans le lointain de la nuit urbaine
    Se file l’éphémère brocart
    De lignes rouges et or

    Partant dans toutes les directions
    Des lampadaires en rails interminables
    Crachent leur lumière blanche

    A leurs pieds sur l’asphalte gris
    Grouille une foule dense
    Déambulant avec nochalance

    Brouhaha, cris d’enfants
    Rires, chants de poivrots
    Résonnent des heures durant

    L’air se vomit des odeurs
    Des vapeurs d’hydrocarbure
    A la marée du port tout proche

    Des senteurs de guimauve
    Du pralin des marchands ambulants
    Et de la frite triomphante

    La nuit s’avance
    S’étouffe le tintamarre
    S’estompe la cohue

    Arrive enfin cet instant
    Du moment tant attendu
    D'un souffle frais venant du large

    Courant les rues désertées
    Balayant l’atmosphère poisseuse
    Pour revivifier la cité endormie

     

    03/12/14 - ©dh