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Impressions - Page 2

  • Hellas

    oliviers.jpgse baignent dans l’azur
    s’estompent dans le lointain

    là-bas sur l’indigo plat, un ferry trace sa route
    laissant derrière lui un sillage blanc d’écume

    une terre ocre et rude
    lutte avec la roche pour le partage de l’endroit

    des herbes folles desséchées
    se mêlent aux minuscules champs de blé

    un âne tourne sans fin sur une aire de battage
    tirant un plateau de bois surmonté d’une énorme pierre

    des centaines d’oliviers rabougris courent à perte de vue
    à travers les collines, se mêlant à la garrigue

    un silence rompu un temps par le cri d’une buse
    postée à l’affût dans le ciel orphelin de tout nuage

    et tout au bout du monde Kato Zakros
    refuge d’Alex et Iphigénie, indomptables îliens

    une lumière blanche, une mer omniprésente
    sont enfants de ce pays, le seul et unique, Hellas...

    se baignent dans l’azur
    s’estompent dans le lointain...
    mes souvenirs


    22/02/12 - ©dh

  • Matin de janvier

    La nuit se terminait sur ces instants sans commencement. Des immeubles, une chaussée, des voitures, un ciel… gris, tout était gris. De cet univers monochrome se détachait l’aplat noir des arbres dénudés par l’hiver. Etalés en ligne d’horizon, ils se dressaient bien à la verticale, lançant bien haut le râteau végétal de leurs branches, donnant l’impression d’une étrange supplique faite par des mains monstrueusement griffues.

    Lambinaient quelques petits paquets de nuages, arrière-garde insolente d’une armée coupable, la veille, d’exactions pluvieuses dignes d’un récit biblique.

    Dans cette atmosphère délavée, quasi exempte de toute impureté, les résidus de pluie, gouttes et autres flaques, capturaient la lumière naissante pour la restituer dans de multiples brillances. Lentement, les formes retrouvaient du relief.

    La neige était tombée sur les montagnes voisines et me le faisait savoir par les morsures d’un vent glacé qui me fouettait le visage.

    Passait une ambulance, toute sirène hurlante, couvrant momentanément l’entame du concerto pour marteau-piqueur d’un chantier proche. Le bruit reprenait ses quartiers. La cité revenait à l’ordinaire.


    26/01/12 - ©dh

  • Mutinerie d'hiver

    A la saison où la nuit mange les jours, les petits matins ne sont plus qu’incertitude.

    Sous la couette, le corps se fait plus lourd et se lever devient supplice. Dès lors, l’esprit commandeur subit la mutinerie de l’ensemble moteur. Rien ne se peut, l’interdiction du mouvement fait loi.

    La tête se déconnecte du maître cerveau et se fait l’alliée inconditionnelle de cette coalition de membres lâches. Pour marquer plus fortement son accord à la démission généralisée, cette dernière, grosse boule inerte, pactise avec l’oreiller moelleux, s’enfonçant en lui, jusqu’à en disparaître, dans un naufrage consenti.

    Au dehors la nature subit le diktat du froid. De cette aube glacée il ne me restera, très certainement, que le souvenir de la plus chaude et de la plus douillette des matinées de cet hiver naissant.

     

    01/12/11 - ©dh

  • J'aurais aimé

     

    j'aurais aimé comprendre
    j'aurais aimé savoir
    quel chemin prend le tendre
    qui cueille une rose le soir

    j'aurais aimé sentir
    j'aurais aimé goûter
    sans avoir à souffrir
    ce rêve d'un bel été

    j’aurais aimé vivre
    j’aurais aimé mourir
    les instants qui enivrent
    où le bien est le pire

    j'aurais tant aimé

     

     

     

     

    02/11/11 - ©dh

  • Sur un fil

    matin_printemps.jpg

    bien trop vite s'écoule avril
    emportant toute ma pensée
    malgré les belles matinées
    je ne peux renouer le fil

     

    15/04/11 - ©dh

  • Matin d'hiver

    Etang_hiver_2.jpg

    Pas un cri, un murmure ou un souffle. Les images défilent, muettes. C’est à peine si le bruit sourd du roulement des boggies me parvient aux oreilles. D’imperceptibles secousses agitent mon corps à intervalles réguliers, trahissant le mouvement.

    Au dehors, l’aube glacée à la lumière incertaine nous livre une brume dévorante. Des paquets de ouate se décollent avec peine du sol et tentent vainement de s’accrocher à tout ce qui n’est pas encore totalement recouvert. Le blanc manteau neigeux s’étale à perte de vue et se salit des estafilades grisâtres du corps des arbres rescapés, sursitaires résignés à l’étouffement programmé.

    Au milieu de cette vision apaisée de lendemain de fin du Monde, un étang s’étale tel un joyau sombre posé sur une hermine. Son corps, grande tache gris anthracite aux contours bien nets, se livre sans retenue au regard des voyageurs. Ce qui doit être son miroir est si foncé et mat, qu’aucun reflet ne parvient à s’y accrocher. Vison rare d’une atmosphère flottant dans l’irréel. Ailleurs, tout alentour, ne règne que le blanc. Un blanc sans partage. Je suis muet devant tant de majesté et les mots me manquent. Sans aucun doute, les six que possèdent les Inuits pour distinguer les différentes nuances de blanc.

    Le train se faufile doucement, continuant son chemin...

     

    06/12/10 - ©dh

  • Les passants qui passent

    Passants.jpg

    dans la rue des passants qui passent
    aux fenêtres des immeubles bourgeois,
    des rideaux-moucharabiehs filtrent la lumière
    et le regard inquisiteur des observateurs observés

    dans la rue des passants qui passent
    mes poumons s’emplissent d'une fumée âcre
    que crachent les pots d’échappement
    des voitures aux moteurs vrombissants

    dans la rue des passants qui passent
    ne s’entend plus l’appel du vitrier et du rémouleur
    mais le vacarme assourdissant du marteau-piqueur
    lacéré par le hurlement intermittent des sirènes

    dans la rue des passants qui passent
    à l’interstice du caniveau et d’une bouche d’égout
    éclate le jaune de la fleur d’un pissenlit
    sémaphore végétal d’une grisaille conquérante

    dans la rue des passants qui passent
    déambule une foule indifférente,
    le soulier traînant et s’usant
    sur le tapis rêche d’un asphalte noir

    dans la rue des passants qui passent
    passe et se dépasse ainsi la vie


    10/09/10 - ©dh

     

     

  • Le retour de la bête immonde

    Nomades.jpg

     

    leurs mains tendues
    moissonnent les foules
    récoltent l’indifférence
    se salissent de haines

    la nuit n’est déjà plus
    et le jour pas encore
    que le cauchemar resurgit
    plus hideux que jamais

    leurs yeux noirs
    perdent de leur éclat
    fixent l’horizon lointain
    s’embrouillent de larmes

    le chemin s’arrête là
    des ronces aux barbelés
    luttent alors les couleurs
    du bleu, du blanc, du rouge...

    à la fin, le noir s’impose
    dans un grand vide, un grand silence,
    et mon cœur me fait mal, mal à en vomir
    attendez-moi... j'arrive, mire pral

     


    31/08/10 - ©dh

  • Chemin de terre

    chemin_rouge.jpg

     

    chemin de terre
    chemin de poussière
    aux nuages d'ocre recouvrant
    tu t'empruntes au rythme lent

    sous un azur d'éternité
    bordé de l'émeraude des prés
    une blanche atmosphère de fête
    vibre au chant de l'alouette

    chemin de terre
    chemin de lumière
    que reste-t-il de cet enfant
    de cette jeunesse au cœur battant

    marchant sur les traces effacées
    par des sylphes qui l'ont précédé
    cet inconscient impénitent
    s'avance à la rencontre du néant

    chemin de terre
    chemin de misère
    sur ce manteau tant de chagrins
    de calvaires pour le pèlerin

    de cette faim à une autre fin
    l'espérance du lendemain
    fait briller dans ses yeux
    la certitude d'un autre lieu

     

     

     07/05/10 - ©dh

  • Balade hivernale

    abre_couché.jpg


    Cent pas sur la neige se perdent au loin dans la brume incertaine. Ce matin, deux tonalités se disputent la primauté sur une nature résignée. Du blanc ou du noir, bien imprudent sera celui qui en désignera le vainqueur. Mon cœur se serre et je frémis en écoutant l'appel désespéré d'un vent qui se déchire dans  la ramure des arbres dénudés aux griffes acérées.


    Un claquement sourd et bref, répété en écho, interrompt ma rêverie. Et je reste suspendu au silence qui s'ensuit, dans l'attente de la rupture de cette trêve forcée.

    Nemrod a droit de cité en ces bois. Sur la sente qui mène à la rivière, les empreintes s'accompagnent d'une longue trace en pointillé. Incongru, le rouge vient de s'inviter à la fête blanche...

     

    01/04/10 - ©dh

  • L'Eternel

    bouquet.jpg

    c’est toi

     ce bel été
    bruissant ondulant
    d’un océan au blé d’or

    ce souffle chaud
    tournoyant caressant
    le visage douceur

    cet azur immaculé aux flots
    débordant noyant
    les yeux naufrage

    ce chant d’oiseau adagio
    pénétrant conquérant
    le cœur du cœur

    cette terre d’après ondée
    imprégnant parfumant
    le corps des êtres

    cette aube belle du premier jour
    à l’instant présent
    de la vie, oui la vie

    c’est toi
    et toujours toi




    02/03/10 - ©dh

  • Dans ce jardin

    dans ce jardin

    le temps se fait calme

    le vent s'endort

    se joue alors

    la douce musique

    des feuilles

    au sol tombant



    dans ce jardin

    à la rosée du matin

    s'offrent les fleurs

    quand au premier rayon venu

    sur le tendre tapis vert

    du bord de la fontaine

    s'ébrouent les petits princes



    dans ce jardin

    la nappe blanche est mise

    pour une grande fête désertée

    seul en livrée noire

    un majordome sautille

    cherchant au milieu de la toile

    le nombre d'or perdu



    dans ce jardin

    des après-midis conquérants

    bruissent les frondaisons

    et à l'ombre généreuse

    des grands arbres

    se couchent avec bonheur

    les amoureux reconnaissants




    08/02/10 - © dh