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daniel - Page 33

  • Double ton

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    C’était il y fort longtemps, à une époque où la chance ne nous souriait guère. La vie était difficile et de la poisse on tentait de s’en accommoder. La région était secouée par d’étranges affaires, à l’image de celle que je m’apprête à vous narrer : le cas Lamarre. Cette histoire avait débuté, si ma mémoire ne me fait pas défaut, un mois de juillet, le jour de la Saint-Jacques à l’auberge des Six Reines, établissement réputé pour sa bonne chère et son ambiance pacifique. Ce jour-là un type, un Français né en Allemagne dans la Sarre, dînait seul. L’homme grand, blanc, pas vraiment blond mais roux, avait pour particularité de dévoiler, quand il souriait, une inquiétante dentition. Son regard était perçant, mais pouvait être angélique selon les circonstances. Même le ton de sa voix rocailleuse savait, parfois, se faire suave. Ce que l’on a su, bien après, c’est que l’homme était dangereux. Ce n’était pas un simple quidam. C’était un pilier de bar, beau parleur, acoquiné avec le milieu. Et quand la serveuse, la jeune Lamarre, eut à s’occuper de ce numéro, cela ne fit aucun pli. Pour la ramener dans ses filets, l’homme prétexta que le service était lent et affirma qu’en choix de desserts la carte frisait l’indigence. Afin de lui éviter des ennuis, la prudence recommandait à la jeune femme de tourner au moins sept fois sa langue ou se tenir prêt au pire. La malheureuse ne voyant pas le bouchon arriver, entra dans le jeu de l’énergumène et…

    Comment ça ? Tout le monde s’en bat l’aine ? C’est bon j’ai compris, mon bateau prend l’eau, c’est le moment où le rat se casse. Ça va, j’arrête de vous faire marrer.


     

    17/08/11 - ©dh

  • Haiku 71 - éternité

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    au corps crépuscule
    survit le cœur éternel
    du poète enfant

     

    08/08/11 - ©dh

  • Souvent je me prends pour...

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    Souvent je me prends pour un ange. Mon sourire est douceur et je dispense bienfaits tout alentour. De l’arrière de ma chemise immaculée sortent deux ailes blanches me permettant de voler rapidement au secours des gens en grande détresse qui invoquent mon nom. 

    Hélas... La réalité est autre. Mon âme est noire. Elle est si noire que je n’ai pas pu m’empêcher de vous mentir sur ma vraie nature. Je déteste les gens. Tout contact physique m’insupporte. Je les fuis autant que faire se peut. Que l’un d’entre eux ait l’outrecuidance de croiser mon chemin lors de mes balades nocturnes et d’essayer de nouer le dialogue, alors... Je suis si méchant qu’il m’arrive de me faire peur. Je ne peux plus me supporter, et ceci à un tel point, que j’ai décidé de faire disparaître tout reflet de ma personne dans un miroir. Même mon ombre n’existe plus.

    De temps à autre de courts répits entrecoupent ma haine et me permettent, comme en ce moment, de poser un regard lucide sur mon terrible comportement. D’ailleurs je ressens que mon naturel reprend le dessus et je vais abréger mon écrit qui risque de se faire plus mordant. Pardon... Non, ne me pardonnez pas ! Je vous abhorre...

     

    30/06/11 - ©dh

  • A bout de souffle

    lettre_mail.jpgChers Impromptus,

    Je proteste contre cette idée saugrenue qui est de demander l'écriture d'une lettre de réclamation où il ne sera toléré aucun point en son corps, hormis le final, cela étant irréaliste parce que, vous en conviendrez, quand je m'exclame je dois utiliser le point d'exclamation, si je m'interroge c'est le point d'interrogation et bien que le texte puisse circuler entre les virgules et se donner la possibilité de doubler le point pour amener à une démonstration, je ne peux introduire le doute ou l'hésitation avec, par exemple, le point de suspension qui, est à mes yeux, bien plus nécessaire pour étayer mes récriminations que les tirets, parenthèses et autres points-virgules autorisés ; c'est donc avec ce courrier que je tiens à faire cette mise au point qui ne nécessite pas forcément d'ouvrir des guillemets pour mettre en exergue ma mauvaise humeur, mais qui me permet de conclure en les plaçant sur le mot "fin".

     

    21/06/11 - ©dh

  • Haiku 70 - roses de mai

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    en ce beau jardin
    éclatent mes yeux, mon cœur
    aux roses de mai

     

     

    18/05/11 - ©dh

  • Sur un fil

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    bien trop vite s'écoule avril
    emportant toute ma pensée
    malgré les belles matinées
    je ne peux renouer le fil

     

    15/04/11 - ©dh

  • Haiku 69 - vent divin

     

    ô toi souffle encore
    toi qui sauva le Japon
    ô Kamikaze

     

     

    16/03/11 - ©dh

     

    Il convient de lire Kamikaze : Kamikazé

  • Haiku 68 - timidité

     

    main caressante
    tremblant sur la peau satin
    un timide aveu

     

     

    10/03/11 - ©dh

  • Quatrième de couverture

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    Rien ne va plus au pays du Bois Joli. Le manège enchanté a cessé de tourner. On a retrouvé la petite Margot assassinée après avoir été violée. Les soupçons se portent sur Ambroise le gastéropode qui a disparu. Des traces baveuses sur la victime semblent l’accabler. Pollux, le limier anglais, garde son flegme et se lance sur la piste du criminel. Son enquête l’emmène de surprise en surprise.  Zébulon, le transporteur magique, devenu alcoolique déprime, le ressort cassé. Azalée la vache, rente garantie des plus grands psychiatres patentés, essaye de positiver en s’évitant de faire un fromage. Flappy le lapin, grand consommateur d’herbe qui a, depuis bien longtemps, cessé d’en manger pour la fumer, se cache chez lui, terrorisé. A la suite de ce crime, d’anciens méfaits, non-élucidés et tous aussi sordides, remontent à la surface. Ambroise serait-il le responsable de tout cela... hep, hep, hep... tournicoti, tournicoton...

    Les Impromptus nous dévoilent, avec leur premier roman “Les crimes de l’escargot”, la face cachée du Manège enchanté, grand succès des sixties. Ils nous entraînent, avec ce thriller haletant, dans les coulisses d’un monde qui se voulait lisse et rose mais qui se révèle finalement noir... terrifiant. Un livre pour ceux qui veulent couper définitivement le cordon qui les rattache à leur tendre enfance.

     

    01/03/11 - ©dh

     

    Photo sous licence Creative Commons, d'après FlickR -  Montage aléatoire généré par le site "untitre" d'Omer Pesquer.

     

  • Derrière les apparences

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    - Regarde petit dragon et dis-moi ce que tu vois ?
    - Des poissons rouges, Maître.
    - Mais encore ?
    - Un conglomérat de poissons rouges dans une pièce d'eau et le reflet de la toiture du temple, vénérable Maître.
    - Regarde bien, regarde bien...
    - Mais Maître, que peut-il y avoir d'autre ?
    - Derrière les apparences, petit dragon, derrière les apparences... Calme ta pensée et observe bien.
    - Oui Maître.
    ...
    - Et maintenant petit dragon ?
    - Maître, j'ai suivi vos conseils. J'ai regardé tant et tant que je ne voyais plus les poissons, ni le reflet du temple mais... mon reflet. C'était l'image pitoyable de votre serviteur qui cherchait à comprendre.
    - C'est bien petit dragon, je vois que tu es sur la bonne voie...

     

    22/02/11 - ©dh

    Crédit photo : L'Arpenteur d'étoiles

  • Haiku 67 - ronde

     

    sur la Voie lactée
    tourne une belle ronde bleue
    tourne et tourne encor

     

     

    08/02/11 - ©dh

  • Haiku 66 - jusqu'aux rives de Carthage

    Ces mots jetés dans les eaux boueuses du fleuve, rejoignent ensemble cette mer qui, tout à la fois, nous sépare et nous unit. Au loin, là-bas, sur l’autre rivage, sur cette terre où naquit Hannibal, s’éleve une lueur terrible. Allumée par un désespéré de la vie, elle est ce phare qui guide les opprimés vers leur affranchissement.

     

    lueur sinistre
    aux rives de Carthage
    ton nom : liberté

     

     

    24/01/11 - ©dh