Sans T
avec lui
l’échange s’anime
se gonfle
gagne en saveur
en acide
dérape parfois
mais livre les cœurs
dans une franchise
noyée d’amour
mais aussi
hélas
parfois de haine
quand l’insensible arrive
l’indifférence se replace
s’efface alors le langage du familier
à sa place l’ancien
prince des bonnes manières
du grand
du mépris
de la froideur
le vous de la bienséance
qui passe sans vous voir
alors sans celui que je ne peux nommer
le u orphelin resserre les bouches
en caisses de résonnance de sirènes
pour ces mélodies désespérées
perdues au loin dans les bois
là où dans les branches des arbres
s’enroule l’écharpe sans fin d'un air glacé
14/01/13 - ©dh
J’aime à me réchauffer aux rayons de ce soleil d’automne, à sentir mes épaules s’engourdir. J’aime quand s’engage ce combat, qui n’en est pas vraiment un, entre ce désir de s’assoupir et cette volonté de garder les yeux bien ouverts. Dans ces moments-là, je ne pense à rien de précis, me contentant de calmer ma respiration et de regarder, sans jamais les regarder, passer les gens, véhicules et animaux. Cet après-midi le ciel bleu est délavé. Parsemé de grandes plaques à peine blanches, il coiffe un paysage urbain inondé de lumière qui prend un air de détrempe miel or. Affalé sur un banc, je m’y enfonce, imperceptiblement, comme pour y rechercher un meilleur confort. Les battements de mon cœur se font de plus en plus espacés, la somnolence me gagne. Un bâillement, puis un autre, me tirent des larmes bien involontaires. La vue brouillée, je m’étire en me levant. Il est, pour moi, grand temps de rentrer avant que la journée ne soit trop entamée, conscient que le changement de luminosité modifierait et gâcherait, irrémédiablement, tout le bénéfice de ce moment de quiétude privilégié.
Ce n’était plus de simples feuilles de hêtre collées à un rectangle gris, mais bien des éclats de couleur vert, sienne, or, rehaussés de la lumière d’un courageux soleil d’après ondée, suspendus avec délicatesse à un dais bleu teinté d'une minéralité pétrole, qui s’offraient à mon regard ce matin-là.