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daniel - Page 31

  • Haiku 88 - matin d'avril

    De ce matin je ne garderai rien, tout au plus un souvenir diffus, une douce lumière printanière s'évaporant des limbes de ma mémoire. Tous les matins du monde ne sont-ils pas sans retour ? 

     

    au matin d'avril
    de ton sommet dominant
    chante rouge-gorge

     

    03/04/12 - ©dh

  • Haiku 87 - impitoyable

     

    pour eux c'est la nuit
    et puisqu'il en est ainsi
    que la bête meure

     

    22/03/12 - ©dh

  • Haiku 86 - futur des passés

     

    terre noire humide
    au végétal pourrissant
    senteurs d'avenir

     

    9/03/12 - ©dh

  • Haiku 85 - île déserte

     

    l'île déserte
    comme un lendemain d'amour
    quand le cœur n'est plus

     

    29/02/12 - ©dh

  • Hellas

    oliviers.jpgse baignent dans l’azur
    s’estompent dans le lointain

    là-bas sur l’indigo plat, un ferry trace sa route
    laissant derrière lui un sillage blanc d’écume

    une terre ocre et rude
    lutte avec la roche pour le partage de l’endroit

    des herbes folles desséchées
    se mêlent aux minuscules champs de blé

    un âne tourne sans fin sur une aire de battage
    tirant un plateau de bois surmonté d’une énorme pierre

    des centaines d’oliviers rabougris courent à perte de vue
    à travers les collines, se mêlant à la garrigue

    un silence rompu un temps par le cri d’une buse
    postée à l’affût dans le ciel orphelin de tout nuage

    et tout au bout du monde Kato Zakros
    refuge d’Alex et Iphigénie, indomptables îliens

    une lumière blanche, une mer omniprésente
    sont enfants de ce pays, le seul et unique, Hellas...

    se baignent dans l’azur
    s’estompent dans le lointain...
    mes souvenirs


    22/02/12 - ©dh

  • Haiku 84 - croah

     

    quinze février
    sonnant faux et hors saison
    le chant d'un crapaud

     

    16/02/12 - ©dh

  • Haiku 83 - grand froid chaud

     

    moins dix et nous deux
    le grand froid force au très chaud
    douce est la couette

     

    03/02/12 - ©dh

  • Haiku 82 - mariage

     

    tout de blanc vêtue
    dame nature a cédé
    l'hiver l'a mariée

     

    01/02/12 - ©dh

  • Matin de janvier

    La nuit se terminait sur ces instants sans commencement. Des immeubles, une chaussée, des voitures, un ciel… gris, tout était gris. De cet univers monochrome se détachait l’aplat noir des arbres dénudés par l’hiver. Etalés en ligne d’horizon, ils se dressaient bien à la verticale, lançant bien haut le râteau végétal de leurs branches, donnant l’impression d’une étrange supplique faite par des mains monstrueusement griffues.

    Lambinaient quelques petits paquets de nuages, arrière-garde insolente d’une armée coupable, la veille, d’exactions pluvieuses dignes d’un récit biblique.

    Dans cette atmosphère délavée, quasi exempte de toute impureté, les résidus de pluie, gouttes et autres flaques, capturaient la lumière naissante pour la restituer dans de multiples brillances. Lentement, les formes retrouvaient du relief.

    La neige était tombée sur les montagnes voisines et me le faisait savoir par les morsures d’un vent glacé qui me fouettait le visage.

    Passait une ambulance, toute sirène hurlante, couvrant momentanément l’entame du concerto pour marteau-piqueur d’un chantier proche. Le bruit reprenait ses quartiers. La cité revenait à l’ordinaire.


    26/01/12 - ©dh

  • Haiku 81 - campagne en hiver

     

    mai est encore loin
    et j'entends pour chants d'oiseaux
    des croassements

     

    24/01/12 - ©dh

  • Haïku 80 - la tour vieille

     

    souviens-toi de Nesle
    au passé sombre effacé
    la tour prend garde

     

    12/01/12 - ©dh

  • La tour

     Tour.jpg

     

    Au sûr et à couvert dans la petite tour

    Le corps franc des volontaires veille nuit et jour

    Afin qu’onc ribaud, larron ou fieffé coquin

    Dans la cité se risque de soir ou matin

     

    Point de ronds de jambe à faire devant le guet

    A âme bien née nulle crainte à se présenter

    Mais gare à celui à qui patte blanche fait défaut

    Sa vie tombera d’un trait raide de carreau

     

    Sur ce chemin de ronde à ouvrages courbes

    Il ne peut y avoir de place pour les fourbes

    Saint-Martin protecteur est guide dans leurs choix

     

    Oyez bien, qu’on se le dise ici ou ailleurs

    La garde a réputation d’être la meilleure

    Fidèle à nostre Mère l’Eglise et au Roy

     

     

    09/01/12 - ©dh

     

    Crédit photo : Toncrate