C'est beau une ville la nuit
Un horizon bleu noir
Des ombres s’accrochant sur le sombre
Perforées de minuscules rectangles jaunes
Dans le lointain de la nuit urbaine
Se file l’éphémère brocart
De lignes rouges et or
Partant dans toutes les directions
Des lampadaires en rails interminables
Crachent leur lumière blanche
A leurs pieds sur l’asphalte gris
Grouille une foule dense
Déambulant avec nochalance
Brouhaha, cris d’enfants
Rires, chants de poivrots
Résonnent des heures durant
L’air se vomit des odeurs
Des vapeurs d’hydrocarbure
A la marée du port tout proche
Des senteurs de guimauve
Du pralin des marchands ambulants
Et de la frite triomphante
La nuit s’avance
S’étouffe le tintamarre
S’estompe la cohue
Arrive enfin cet instant
Du moment tant attendu
D'un souffle frais venant du large
Courant les rues désertées
Balayant l’atmosphère poisseuse
Pour revivifier la cité endormie
03/12/14 - ©dh